absoluty, agence de communication, showroom, galerie
absoluty
galerie
Sandrine Hayat

Exposition

Sandrine Hayat

Du 15 juin au 12 juillet 2010

« Il était une fois »

Sandrine Hayat, artiste parisienne de 39 ans, émergente, impose sa présence colorée et explosive, résolument Pop et fatalement glamour.
Frénétiques samples de figures et d’images choisies parmi les plus iconiques de la culture populaire américaine, ces collages dévoilent une imagerie empruntant tout azimuts, de Chaplin à Elvis en passant par Betty Boop, Mickey ou Marylin, jusqu’aux figures des super-héros issus de la littérature des Comics (Superman, Spiderman, WonderWoman ou Captain America), dans un maëlstrom de références qui ressemble à ce qu’est le monde d’aujourd’hui

Depuis Warhol, la Figuration narrative, puis avec des artistes comme Erró, Wim Delvoye, Gilles Barbier ou Virginie Barré, de nombreux artistes contemporains investissent les champs de l’esthétique publicitaire, de la culture populaire, de la société de consommation et de la starisation, qui furent et restent les sources récurrentes d’inspiration du Pop. Warhol n’affirmait-il pas qu’il y a autant d’art dans les grands magasins et dans la rue que dans les musées ?... Voici pourquoi, quand l’occasion s’y prête, l’artiste présente ses œuvres sous caisson lumineux, parfois même sous forme de table basse, comme une manière de faire réellement entrer l’art dans le quotidien !

Aujourd’hui, les références que s’approprie Sandrine Hayat ne relèvent plus d’une supposée sous-culture, mais d’une culture commune à plusieurs générations, et il apparaît que la frontière entre culture de masse et des formes de cultures dites plus « élitistes » tend à se dissoudre : on peut aimer Bach et Michael Jackson, les Marvel et Le Tintoret.

Cette jeune artiste autodidacte a opté pour la technique du collage, si importante dans l’Histoire de l’art et du graphisme, chez Dada comme dans les travaux préparatoires de Lichtenstein ou les premières œuvres de Basquiat (des cartes postales qu’il vendait dans la rue et qui lui firent rencontrer Warhol). Et surtout, ces collages s’inscrivent dans l’essence même du Pop Art, s’il faut rappeler que c’est ainsi qu’il commença, avec le mythique « Just what is it that makes today’s homes so different, so appealing? » de l’artiste anglais Richard Hamilton qui en signa en 1956 l’acte de naissance. Ici, l’artiste sélectionne des images qui existaient déjà, avaient pris sens dans leur contexte, pour recréer une tierce image nouvelle. Cela dit, fidèle à la théorie du Pop, Sandrine Hayat conserve l’identité et la représentativité des sujets qu’elle cite, la décontextualisation venant davantage de l’assemblage que de la transformation des images. Une fois la composition de collage faite, Sandrine Hayat retravaille le tableau à la peinture, y ajoutant des détails, paillettes glitter, splashs fluos, figures, le ponctuant parfois de phrases ou de mots, calligraphiés comme des graffitis.
On ne peut alors que remarquer le sens de la composition et de son impact visuel que développe ici l’artiste.

Les oeuvres de Sandrine Hayat, si elles sont séduisantes au premier regard, demandent, pour en découvrir toute la richesse, une patiente observation.
Car traités avec la plus grande liberté, ses tableaux sont des œuvres à tiroirs, plus énigmatiques, et plus subversives qu’il n’y parait. Derrière les images colorées d’icones bien connues, on y parle de pouvoir, de sexe, d’argent, de puissance et de plusieurs formes d’impérialisme symboliques, caractéristiques de notre époque. Un sous-texte se fait jour.
La mort rôde sur Wall Street, ironiquement teintée de rose bonbon, un cràne comme une vanité, avalant les sucreries avec voracité.
Le corps des pin-ups dévoilé (qui n’est autre que celui de l’artiste elle-même) sont tous estampillés « dangerous » ou malicieusement « what else ? ».
Spiderman, super-héros ambigu, semble pointer un revolver menaçant sur l’Amérique ou sur le spectateur (« Inside Movie »), tandis que dans un coin du tableau, masqué par un coupé sport rutilant, se cache – ou se découvre – un morceau du Mur des Lamentations.
« Uncle Sam » nous regarde, inquisiteur.
Choc de l’Histoire, le drapeau américain claque sous le fameux symbole hippie « peace and love ».
Certaines oeuvres semblent décrire un American way of life aussi mythique qu’illusoire, comme une sorte de romantisme, tandis que la série des Mickey rappelle par certains aspects les séries « Look Mickey » de Lichtenstein, et cette manière de dire la globalisation de la culture depuis un demi-siècle.
La série « Risked » oppose la sombre réalité d’un sans abri aux paillettes d’un string de jolie poupée.

Si les composition saturent de figures, de super-héros, de vues urbaines vertigineuses, de drapeaux triomphants, de glamour aussi, les œuvres de Sandrine Hayat ne sont donc jamais lisses, car s’y distille toujours une forme de violence sous-jacente propre à la société contemporaine. Ce que Sandrine Hayat a bien perçu.
C’est donc avec une subtile ironie, de l’audace et une certaine sophistication que les signes iconiques, les images, les mots, les références et les représentations librement interprétés se téléscopent avec énergie. Dans cette sorte de flux permanent d’images, qui définit si bien notre époque, défile tous les avatars de cette culture pop qui n’en finit pas d’être la notre, sollicitant l’œil sans répit et nous laissant à bout de souffle.

Marie Deparis-Yafil
Critique d Art
Octobre 2009

GALERIE ABSOLUTY
3 RUE EUGÈNE VARLIN
75010 PARIS
M° GARE DE L’EST M° CHATEAU LANDON
TEL 01 48 01 01 10

HORAIRES D’OUVERTURE
DU LUNDI AU SAMEDI DE 13h à 20h
OUVERTE AU PUBLIC - ENTRÉE LIBRE

Précédemment